quand je l’ai rencontré pour la première fois, en tant que spectateur, il y a 30 ans environ
ce fut LA découverte
de retour chez moi, je m’étais précipité sur son disque pour lire les textes et j’ai remarqué que, dans la plupart des chansons, les vers ne rimaient pas
je ne m’en étais pas rendu compte en l’écoutant sur scène !
et ça « passait » magnifiquement bien …
de concert en concert à Paris, son univers s’est greffé en moi
… une trace indélébile
quelques années plus tard … à Marseille, je l’ai revu
j’ai pu lui parler et lui présenter quelques uns de mes textes
il a mis en musique l’un d’entre eux ( il se trouve sur le C.D. « Atteindre » )
Bernard Pichardie
Morice BENIN
« Homme-arbre » de la chanson française caressant les étoiles
et pénétrant le
ventre de la terre.
De surprise en émotion, il
nous entraîne au plus profond de nous,
au voyage de la
fraternité, de l'humour, de la passion.
Chacune de ses œuvres est un trésor de sensibilité, au texte percutant, à la musique unique et intense.
Hors des sentiers battus de la variété vide et des pensées uniques de l'époque, aucun texte, aucune musique ne laissent indifférent, aucune œuvre ne se ressemble mais chacune apporte une force, un bagage léger et essentiel pour rester soi, avec les autres …
JE CHANTE POUR DEMAIN
Pour peindre de ma
voix au chevalet terrestre,
Maintenir la flamme allumée dans la tête
Avec mes rabâchages, mes tics, ma dégaine,
Je chante quand même
Pour tendre la main aux miséreux de l'être,
Me sachant moi-même secouru par des hommes,
Combattre sans répit le plus fou des reptiles :
Notre orgueil planqué sous notre intelligence.
Même s'il ne me restait plus qu'un filet de voix
Dans ma gorge rétrécie, dans mon corps en
déclin
Quand l'horreur s'installe au seuil du désespoir
A force de buter au mur du quotidien.
Pour la reconnaissance d'une trace originelle
Mais contre les croyances, contre les certitudes,
Simplement rendre grâce à celui ou à
celle
Qui insuffle en mon corps cette force de vivre.
Dans le meilleur des cas, peut-être pour me peindre,
Conscient qu'il me manquera toujours quelques couleurs.
Pour le tableau final, la presque-pureté
Et c'est ce manque même qui me fait être un
homme.
Homme d'essence primaire,
Homme animal traqué,
Homme-loup, homme-biche,
Le meilleur ou le pire.
En nous cette fontaine ou cette marée noire,
Cette rage rentrée ou ce don de tendresse,
Je chante pour demain.
paroles et musique Morice BENIN
L’ÉGLANTINE DE MON JARDIN
Elle a les mains devant son cœur, des doigts qui touchent des parfums,
Des pieds qui n'ont pas de moteur, et des gestes de physiciens,
L'églantine de mon jardin...
Elle a des amours de jeunesse qu'elle porte comme des petits chats
Quand on lui dit de les poser, elle vous regarde, ne comprend pas,
L'églantine de mon jardin...
Elle n'a pas de nom, pas de vie, elle vit seulement à quatre heures
Dans une chambre loin d'ici où se révèlent ses envies...
L'églantine de mon jardin...
Elle fait de la faiblesse comme d'autres font de la fierté,
Elle vous domine quand elle se baisse et ramasse votre fierté
L'églantine de mon jardin...
Elle a de la mélancolie qui ressemble à de la vertu
Quand on la pose sur un lit on dirait une enfant perdue
L'églantine de mon jardin...
Elle n'a pas de nom pas de vie, elle vit seulement à quatre heures
Dans une chambre loin d'ici où se révèlent ses envies...
L'églantine de mon jardin...
Elle a des lèvres entr'ouvertes d'où s'échappent des serpents
Qui se posent sur mes lèvres, envahissent mon étang...
L'églantine de mon jardin...
Elle a des barrières infranchies qu'elle n'ose pas escalader
Quand elle parle: elle rit et se penche pour vous regarder...
L'églantine de mon jardin...
Elle a bien un nom, une vie, mais je ne m'en rappelle plus
Elle s'est éclose dans ma vie, au jardin des sentiers battus,
L'églantine de mon jardin...
paroles et musique Morice BENIN
PLUS TU ES HEUREUX …
Plus tu es heureux, mieux t'acceptes les autres,
si tu t'aimes un peu, alors t'aimes les autres
C'est pas question d'orgueil, c'est question de repos,
si t'as envie de vivre, tu décourbes ton dos
Tu te couvres d'un linge que tu as délavé,
à l'eau des dinosaures "culture société"
Quand tu étais petit souviens-toi de ces marques,
on t'apprenait déjà que jouir ... C'était le diable
Tu n'as pas rétabli le moulage des cons,
il est dans la fosse commune de ta conscience
La même qui te parlait de cette moralité,
à te faire bander devant les pissotières
Plus tu es heureux, mieux t'acceptes les autres...
Tu remplaces le marbre qui gît dans ton cerveau,
par des feuilles de buis qui claquent quand on les brûle
Écoute les enfants piaffer autour de toi,
cette petite fille qui te demandera :
Est-ce que tu as toujours des étoiles sur toi,
est-ce que les pierres crient quand la source les noie ?
Est-ce que les fourmis ont des sacs de rêve,
à cheval sur leur dos qu'elles portent à leur tanière ?
Plus tu es heureux, mieux t'acceptes les autres...
Tu n'as pas inscris ta fiche perforées,
dans nos amours pirates, tu aimes comme tu respires
Un arabe est passé, tu as envie de lui,
je le regarde pénétrer dans ton sourire
Y a pas de prophétie à faire avec tout ça,
tu le découvres un jour on bien tu le sens pas
Mon copain Isidore s'est fait une famille,
en écoutant piaffer des rossignols la nuit
Plus tu es heureux, mieux t'acceptes les autres...
Que tu sortes à peine de ton carcan social,
où que tu te sentes prêt à plonger dans l'espace
Cela importe peu ce qui est important,
c'est que tu brûles enfin que tu remues dedans
Un jour nous aurons des manuels de politik interne,
certains bouquins d'histoire à foutre dans les poubelles
Ce sera l'avènement des sens débridés,
des gens qui se pénètrent sans se présenter...
Comment tu t'appelles, qu'est-ce que tu fais dans la vie,
combien t'as de médailles, t'es de quel parti
T'as pas du tout besoin d'avoir des références,
ni de te justifier de cette merde immense
Ton monde est dans ta tête d'abord..,
ensuite dans tes mains...
PLUS TU ES HEUREUX...
Plus tu es heureux, mieux t'acceptes les autres...
paroles et musique Morice BENIN


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