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lettre(S) V
LETTRE D’AMOUR
Ceci pourrait être le début d’une histoire.
Mais non…
Il n’y a pas d’histoire.
Ou plutôt, il y a de nombreuses histoires qui s’entrecroisent, se décroisent, s’entremêlent en filigrane.
Entre les lignes de mondes parallèles.
Pour aboutir à quelques lettres.
Pas toujours très abouties.
Parfois très embouties par des broutilles.
Pour des brouillons bouillonnants.
« Je t’offre un peu de rien
Un peu de tout
Un peu de bien
Un peu de nous »
Et des personnes qui surviennent.
Font trois petits tours sans détour.
Et puis s’en vont.
Emportées par le carrousel de la survie…
« Cette lettre d’amour
Est je l’avoue
Un peu timbrée
J’ai le cœur lourd
Papier glacé »
Extraits de la lettre de M.-V. du 18 octobre 1999
… les mots sont très forts lorsqu’ils sont employés justement mais ils ne remplaceront jamais un regard, ni la chaleur d’un souffle, ni la douceur de la peau ou encore un parfum ou une caresse dans les cheveux, un sourire, un petit coin de paradis partagé avec l’être aimé. Je cherche souvent ton regard bleu qui me manque…
Mille bisous. Tendre câlin
Ton petit bout de femme
M.
… … … … … …
( extrait de « lettre(S) », chapitre 17 )
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LA SUITE
La suite.
Voici la suite.
Mais non… la suite se fait attendre.
Les mots ne viennent pas, les mots s’ankylosent, se nécrosent, se lyophilisent, s’enlisent, se contractent, se rétractent, s’amenuisent…
Et s’éparpillent…
« Petite annonce.
Auteur cherche mots.
Désuets ou tonitruants,
Claquants ou craquants,
Légers ou subtils,
Facétieux ou vibrants,
Vulgaires ou dociles. »
Des mots faits d’amour, de mort, de vie, d’envies.
Des mots soufflant la rage, l’orage, la violence, le tendre, le doux, la détresse.
Des bouquets d’éphémères, des morceaux de temps qui se coincent, se décoincent, s’assemblent, se ressemblent, s’évadent, s’accrochent, s’effilochent, se croisent, se décroisent, s’entrecroisent…
Et qui finissent par former un puzzle dont la chair émeut, caresse, griffe, mord, cajole, interpelle…
Mais toi.
Toi la lectrice ou toi le lecteur.
As-tu envie de t’en nourrir, de pénétrer ce monde, de casser les blessures, de caresser les tendresses exposées ?
Il te faut sauter de ligne en ligne.
Te laisser apprivoiser, guider…
Ou dominer.
… … … … … …
( extrait de « lettre(S) », chapitre 18 )
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LETTRE OU LE NÉANT
Très cher moins que rien,
Neandertal.
Néanmoins.
Nez en l’air.
Que restera-t-il après nous ?
Un grand vide.
Un vide-ordures.
Un vide-grenier pour désengranger…
Pour quelques menues monnaies ou pour du blé.
Le trou du souffleur pour remplacer le trou du comédien.
Un petit rien au milieu d’un très grand trop-plein ( « terrien, t’es rien du tout » …).
Un trou d’air, l’air de rien, le temps d’un refrain.
Un vide apparent.
Une vie d’ange pour faire place nette sur le Net.
Plan de connexion, rien que du sensitif.
Fini l’éloignement, la parole est de proximité.
La parole est donnée à ceux qui se rencontrent sans avoir la même longueur d’onde.
Une onde de choc mais avec un choc frontal ou provenant de n’importe quelle partie du corps.
Le toucher n’est pas coulé.
Le toucher revient à la surface pour des tête-à-tête qui ne finissent pas en queue de poisson.
( extrait de « lettre(S) », chapitre 19 )
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le recueil « lettre(S) » est constitué de 23 chapitres de « collages » de textes en prose et en vers qui seront illustrés, pour chaque chapitre, par des photos de boites aux lettres
( s’il voit le jour … un jour !... il
faut que je trouve un photographe puis un éditeur )
Bernard Pichardie
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